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Quand j'ai annoncé à mes amis et ma famille que je partais en mission en Roumanie pour au moins 6 mois, beaucoup m'ont plaints et même certains avaient peur pour moi.
Il est vrai qu'avec la politique sécuritaire qu'a pratiqué la droite en France ces dernières années. Avec leur habitude de diaboliser les nouveaux pays émergeants, tout cela afin d'expliquer que si le chômage ne baisse pas en France c'est par ce que ces pays nous volent notre travail. Tout ça pour ne pas reconnaitre qu'ils n'ont jamais sut relever le pays alors que dans le même temps des pays autour de nous, tel que l'Irlande ou les pays scandinaves ou encore l'Espagne et le Portugal y arrivaient très bien. Il est vrai qu'il est toujours beaucoup plus facile de rejeter la faute sur les autres. Nous sommes donc tous un peu resté avec l'image du plombier polonais dont nous a martelé l'esprit la droite lors des élections présidentielles et nous l'avons sans doute appliqué machinalement à tous les pays émergeant en Europe dont fait partie la Roumanie, même si nous ne l'avons pas fait vraiment volontairement. J’avoue donc que je suis partis avec une petite appréhension sur ce que j'allais trouver en Roumanie et comment cela allait se passer. En arrivant la première impression que donne Bucarest est qu'anciennement surnommé la petite Paris cette ville a perdu beaucoup de sa splendeur. La première impression est le désordre. La ville fut créée il y a plus de 500 ans et aujourd’hui elle comprend plus de 2 millions d’habitants. Elle est appelée a grossir rapidement pendant les prochaines années du fait du développement du pays. Le modernisme commence à arriver, mais dans un désordre impossible à qualifier, comme le montre très bien la photo qui suit. L’ancienne période de la dictature doit laisser place à la renaissance du pays ... mais avec un manque d’organisation comme cela se passe dans tous les pays émergeant. Dans ces pays, avant de pouvoir penser à la cohérence ou le confort des constructions, il faut répondre en premier lieu à l'urgence afin de rattraper le retard pris sur le monde capitaliste dans lequel ils rentrent. Nous en fîmes autant après la guerre et cela donna les rails de tours immondes des arrondissements de nos grandes villes ... celles là même que l'on commence à abattre.
C’est l’exemple même de ce qui est fait. Les constructions de style très divers se côtoient, laissant penser qu’aucun plan d’urbanisme ne fut vraiment programmé et que tout ce construit selon le bon vouloir des personnes les plus riches et sans doute aussi selon le % de pourboire qu’ils ont laissé à la ville pour cela. Du coup tout se côtoie, l’ancien, le moderne, les riches et une part de la population moins aisé. (A gauche une banque ... A droite les habitations ... Tout est dit) Cette différence entre les gens plus aisé, voir très riche et les gens plus modestes, voir très pauvre, entraîne certaines tentions. Ici et là on croise des mendiants, des femmes avec des bébés dans les bras, des personnes âgées et des enfants vous courant après pour quelques pièces par une température de -5° à -10°. Comme partout le capitalisme s'accompagne de son lot de laissés pour compte. Ceux, que personne ne veut.
Ceci dit, de plus en plus, une certaine classe moyenne fait son apparition. Beaucoup de jeunes gens habillés à la dernière mode se voient partout dans les rues. Les villes telles que Bucarest voient naitre une population plus aisée. Le taux de croissance est élevé et cela amène de la richesse qui fait que la Roumanie progresse à grand pas. Par contre, la ville est assez salle, très poussiéreuse. Seul les nouveaux bâtiments, ou encore les monuments les plus visités sont propres. Le reste est assez noir. On y voit aussi des quartiers entiers en construction ou des rues entières de bâtiments non habités et laissés à l’état d’épave. De superbes petites maisons au style néo-Roumain, ou des immeubles entiers sont à l’abandon un peut partout. Les causes de ce délabrement sont diverses. La triste période que vient de traverser la Roumanie a laissé beaucoup de vide dans certains arbres généalogiques. Du coup ne sachant pas où sont les propriétaires ou les héritiers de ceux-ci, l’état préfère laisser à l’abandon les bâtiments, plutôt que perdre de l’argent à les restaurer pour ensuite se les faire supprimer par les propriétaires qui viendraient récupérer leur bien. Une autre raison est aussi que, comme tout bon dictateur, Ceausescu avait commencé beaucoup de travaux pour remodeler sa ville selon ses envies. Les gens se souvenant encore de cette période très proche, refusent d’aller habiter ces immeubles. Enfin, comme le montre encore le rapport de l'ONU de 2007, la corruption est omniprésente et malheureusement beaucoup d'argent disparait encore dans les poches de gens qui s'enrichissent sur l'effort commun. Du coup de grands bâtiments comme l'immeuble de la radio sont restaurés plusieurs fois ... mais jamais finis et donc inhabitables Enfin une dernière raison est que lors que la Roumanie a renversée le dictateur, vu que tout était nationalisé, l'état a décidé de revendre, pour une bouchée de pain, les appartements aux personnes les occupant. Un geste louable et plein de bons sens. Mais malheureusement cela a posé deux problèmes. Le premier est que chacun étant propriétaire de son logement, les parties communes sont laissées en désuétude, car malheureusement, le pouvoir d'achat en Roumanie reste assez bas, même si depuis quelques années il augmente à grand pas et on peut comprendre que les gens préfèrent mettre leur argent dans leur appartement plutôt que dans les parties communes de l'immeuble. L'autre problème que cela a généré est que, malheureusement, chacun possédant son logement et la construction, au début du nouveau régime, n'ayant pas eu beaucoup de moyens, comme le reste du pays, le nombre d'habitations face à une croissance démographique importante c'est fait trop rare. Et comme tout ce qui est rare est cher, cela a créé une inflation du logement bien plus élevée que le pouvoir d'achat. Du coup la génération d'adolescents, au moment de la révolution de 1989, aujourd'hui adulte, à beaucoup de mal à trouver un logement dans ces moyens. Mais le gouvernement ayant relancé assez rapidement le secteur du bâtiment, cette différence devrait s'estomper petit à petit. (immeuble abandonné) Une chose choquante est l'agressivité des gens dans les voitures. Sans arrêt des coups de klaxon. Ils roulent comme des fous. En cas d’embouteillage, qu’à cela ne tienne, ils coupent par les parterres ou les parkings qu’ils traversent le pied au planché. Pour les automobilistes, le piéton est un parasite. On vous klaxonne en arrivant sur vous à fond ... même si vous aurez atteint le trottoir avant qu’il ne vous croise. C’est l’un des problèmes encore irrésolus du pays : le nombre de morts sur les routes, qui est en augmentation ces derniers temps. L’état des infrastructures routières et le comportement des automobilistes en sont les principales causes. La police roumaine est pourtant présente. En début d’année, les autorités ont annoncé l’augmentation du nombre d’agents sur les routes les plus fréquentées du pays. Par ailleurs, un nouveau code de la route, instaurant un système de points, est en vigueur depuis décembre 2006. La tolérance de l’alcoolémie au volant est nulle. Mais cela ne suffit pas. "En 2007, il y a eu plus d’accidents qu’en 2006". De plus, le degré de sévérité de ces accidents est le plus élevé d’Europe. Mais, sinon cette ville fut très belle. Autrefois surnommé la petite « Paris », elle garde tout de même un certain charme. Je dirais même qu’avant la période malheureuse de 1965 à 1989, elle devait être vraiment très belle. Tout plein de petites battisses ou immeubles au style néo-Roumain. De jolies boiseries et décors ornent beaucoup de maisons. (Maison abandonnée...) (Batiment abritant une banque) |
Puis il y a les monuments historiques. Bien souvent en meilleur état que ceux de Paris. Des bâtiments superbes qui n’ont rien à envier au Louvre ou à nos monuments.
![]() ![]() Et puis forcément le bâtiment incontournable de Bucarest. Il coûta des centaines de vies. Il fut construit en 4 ans seulement, malgré son gigantisme. Il demanda la destruction de 520ha de la ville (3 arrondissements de Paris), l’expulsion de 40 000 personnes, la démolition de plus de 30 églises. Le projet coûta 40% du PIB du pays durant 4 ans (hallucinant). On comprend mieux que les autres infrastructures de la ville et même du pays en ont souffert. C’est la seconde surface habitable après le pentagone, 450 000m² au sol et 400 000m² habitable. Il fait plus de 100m de haut, avec des pièces faisant 20m de haut ... Aujourd’hui il abrite le parlement Roumain, mais fut construit pour regrouper toute l’administration de la Roumanie et la maison du tristement célèbre dictateur déchu Nicolae Ceausescu. Je dirais que ce bâtiment est à la mesure de la mégalomanie de ce tirant qui fit travailler, jour et nuit, durant 4 ans pas moins de 20 000 ouvriers, pour beaucoup prisonnier politique. Beaucoup d’entre eux y laissèrent la vie. Mais heureusement les Roumains ont cette capacité à changer les choses et maintenant ce bâtiment anciennement construit pour une dictature abrite la démocratie. ![]() ![]() Par contre, tout est loin d'être négatif. Il faut savoir que les villes Roumaines sont les plus sûrs d'Europe. Le taux de criminalité est plutôt bas par rapport aux autres villes européennes. Et cela tombe bien car il y a plusieurs coins à visiter dans Bucarest. De nombreux petits restaurants sont à découvrir. Ils sont généralement de bonne qualité, même s'ils sont assez chers par rapport au revenu moyen en Roumanie (1387 lei en juin 2007 (soit environ 424€)). Selon les restaurants il vous en coutera entre 10 et 40€ (1/10 du salaire moyen). Il reste les fast-foods, qui eux sont beaucoup moins chers. Dans ce genre de restaurant par contre, vous pourrez avoir un sandwich et une boisson pour moins de 5€. Par contre, c'est assez drôle. Autant les Roumains sont disciplinés dans la vie courante. Ils traversent très rarement si le feu n'est pas vert ... ce qui fait que leur façon agressive de conduire n'en est que plus surprenante. Cela ne ressemble pas aux roumains que l'on côtoie au quotidien. Les Français ont même beaucoup à apprendre sur la galanterie Roumaine. Jamais un homme ne montra dans un ascenseur si toutes les femmes attendant ce même ascenceur ne sont pas montées avant lui ... quitte à le louper. Mais dans les queues des fast-foods c'est une autre histoire. En fait il n'y a pas de queue. Chacun doit se faire comprendre pas un serveur ou une serveuse au moment ou celui ou celle-ci annonce en Roumain "Au suivant" ... Alors, quand vous ne parlez pas la langue ... je vous promets de c'est un exercice assez folklorique et une expérience assez dépaysant ... la même chose à Paris et c'est une bagarre générale :o) Les roumains sont plutôt accueillants. Contrairement à Paris, où, lorsque vous demandez la rue à quelqu'un il réagit comme si vous vouliez lui voler sa montre, ici les gens sont réceptifs et même si je ne parle pas leur langue, ils n'hésitent pas à me renseigner et ceux jusqu'à ce que je comprenne... Si des gens vous voient en difficulté ils viendront se mêler à la conversation pour vous aider ... J'ai eu l'occasion d'être à Bucarest pendant le sommet de l'ONU et malgré la pression énorme qu'ils avaient sur les épaules, les agents de Police restaient réceptifs et plaisantaient même quand on leur posait des questions ... Les policiers Français devrait prendre exemple ... vraiment. Voilà ... un premier jet ... Bucarest une ville qui grandit vite et même si c'est le bordel un peu partout ... les gens sont beaucoup plus accueillant que dans nos grandes villes de métropole ... sauf peut-être quand ils sont en voiture... :o) A lire avant votre voyage ou juste pour votre plaisirDurant mes 8 mois en Roumanie, j'ai voulu prendre connaissance de ce pays si proche de nous, mais que l'on connait si peut du fait de son repli sur lui-même pendant la période de dictature de l'après guerre.- La Roumanie : Un pays à la frontière de l'Europe -Lucian Boia, qui a inauguré un courant novateur dans l'historiographie contemporaine, nous donne ici la première véritable histoire de la Roumanie et nous explique pourquoi la Roumanie est ce qu'elle est, c'est-à-dire un pays si différent des autres. Professeur d'histoire à l'Université de Bucarest, il a déjà publié aux Belles Lettres Pour une histoire de l'imaginaire (1998), La mythologie scientifique du communisme (2000) et Le Mythe de la démocratie (2002) - Ceausescu au pouvoir : Enquête sur une ascension -Comment le pouvoir se transmettait-il en régime communiste ? Pourquoi l'organisation collective des institutions menait-elle à la personnalisation du pouvoir ? Ce livre est un document. L'auteur a retrouvé, interrogé et fait parler le noyau dur des dignitaires du régime roumain qui entouraient Gheorghiu-Dej au moment où sa mort, en 1965, ouvrit une crise de succession et permit à Ceausescu de s'imposer comme le nouveau maître du pays. - Sur les traces de Dracula (tome 1, 2 & 3) -Enfin, si vous voulez faire la distinction entre l'histoire et le mythe de "Vlad Tepes", prince de Valachie, que l'on nome aujourd'hui "Dracula", je vous conseille de lire son histoire racontée par Yves H. et Herman. Contrairement au roman "Dracula" de Brans Stoker, ces trois livres se veulent le plus près possible de la vraie histoire de ce prince sanguinaire qui vécue en Valachie (une des provinces de la Roumanie aujourd'hui) et fit trembler devant sa cruauté au point de créer le mythe des vampires. Grace à ces trois tomes j'ai compris pourquoi les Roumains ont le même attachement à Vlad Tepes que nous autres français l'avons à Napoléon. Même si ces deux hommes ont fait régner la terreur ils ont apporté beaucoup au pays où ils ont vécu, tant dans l'administration que de la structure actuel du pays. - Le guide du Routard Roumanie/Bulgarie -Comme à mon habitude, je me suis procuré le guide du Routard pour la Roumanie et la Bulgarie, puisque nous avons fait les 2 pays. Il est très utile pour vous indiquer les bons coins à voir en Roumanie. Même si le pays évolue très vite, c'est un bon guide à avoir absolument pour ne pas vous perdre ... Moi il m'a sauvé la vie ;o) |
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